Article réalisé par les Editions
AutreVue

Berceau
de l'automobile dès la fin du XIXème siècle, c'est très logiquement que Lyon fût
également cité d'innovations techniques, particulièrement en matière de carburation.
Ainsi, entre 1895 et 1910, de nombreux inventeurs ou constructeurs automobiles,
soucieux d'optimiser les performances des moteurs à explosion, mettent au point
leurs propres modèles de carburateurs.
Des entrepreneurs tels que Luc
Court, Eldin, Larcharnay ou même Marius Berliet en 1904, déposent de nombreux
brevets de carburateurs tous plus ou moins identiques en termes de performances.
Cependant un modèle particulièrement performant, va réellement éclipser tous les
autres : le carburateur Zénith, inventé en 1905 par François Baverey, fils d'un
industriel du textile installé à Irigny. Ayant repris la direction de l'usine
familiale, c'est par hasard que ce brillant ingénieur orienta sa carrière vers
l'industrie automobile.
En effet, en 1903, il acquiert une voiture automobile
Lorraine Dietrich et constate rapidement, en la conduisant, que le carburateur
dont elle est équipée présente de graves défauts. Suivant les allures, le mélange
d'air et d'essence est trop riche ou trop pauvre, nuisant ainsi aux performances
du moteur lors de l'explosion. Il décide donc de s'intéresser à ce problème et
dessine un carburateur complexe doté de deux gicleurs dont l'un appelé compensateur,
maintient la constance du mélange quel que soit le régime du moteur.

Il
fait exécuter un prototype dans l'atelier de mécanique de l'usine familiale et
le monte sur son automobile. Les résultats obtenus sont si sensationnels, qu'il
décide dès 1906, de breveter et de commercialiser son invention sous le nom de
"Carburateur Zénith", choisissant cette appellation dans l'astronomie dont il
est passionné.
En 1907, naît donc à Lyon la société du carburateur Zénith
à qui les automobiles Rochet-Schneider et Cottin-Desgouttes seront les premières
à donner leur confiance en décidant d'en équiper tous leurs modèles. Par la suite,
M. Rochet, propriétaire de la marque du même nom, demandera à François Baverey
de diriger sa firme, ce qu'il fera durant 35 ans, assurant ainsi la fabrication
d'automobiles de grand luxe.
Mais l'ascension de la marque Zénith, si
elle tient au génie de son inventeur, tient aussi à son sens aigu des affaires.
A partir de 1908, la firme lyonnaise mène une politique commerciale et publicitaire
très agressive. Elle propose ses modèles aux différents constructeurs français
et étrangers, aux petits artisans mais également aux particuliers désireux d'améliorer
les performances de leurs véhicules.
Le succès est tel qu'avant la première
guerre mondiale, la société a construit des usines en Grande-Bretagne, en Allemagne,
aux Etats-Unis et en Italie. La réussite de Zénith se poursuit après guerre puisqu'en
1928, la seule usine de Lyon produit 110 000 carburateurs par mois et l'usine
de Detroit (USA) à peu près autant. A la même époque, un géant de l'industrie
automobile, la société Ford, décide d'adopter le carburateur lyonnais et d'en
équiper l'ensemble de sa gamme. Jusqu'au début des années 40, la technique mise
en œuvre par Zénith a permis d'équiper des voitures de prestige telles que les
Bugatti, Delage, Delahaye, Talbot ou Hotchkiss mais également des constructeurs
d'automobiles plus " populaires " comme Renault, Peugeot, Citroën ou Simca.
Pendant la seconde guerre mondiale, la pénurie de carburant oblige la société
à se tourner vers une autre forme d'énergie : le gaz. Zénith réalise des installations
complètes et met au point des carburateurs spéciaux mixtes essence et gaz ainsi
que les détendeurs nécessaires au fonctionnement de l'ensemble.
En 1946,
les activités normales reprennent mais seul quatre grands constructeurs français
ont survécu. La guerre l'ayant fait progresser considérablement en matière de
motorisation et de carburant, Zénith intensifie ses recherches afin de toujours
optimiser ses carburateurs. Par ailleurs l'expérience acquise dans le domaine
de la circulation des fluides conduit la société à se tourner vers des applications
aéronautiques.
En 1963, Zénith cède son usine de Lyon à la société Berliet
et installe son siège social et ses activités automobiles près de Troyes, dans
les locaux de la Société Troyenne des Applications Mécaniques (S.T.A.M), sa filiale.
En 1971, la société construit une nouvelle usine près de Saint-Etienne et y installe
ses activités liées à l'aéronautique.
De nos jours, restent de cette
exceptionnelle réussite, trois marques, commercialisant toujours des carburateurs
et systèmes d'injection pour automobiles et avions : Zénith-Bendix ; Solex-Zénith
(GB) et Zénith-Stromberg (USA).
Article réalisé par les Editions
AutreVue / photo : Fondation
Berliet
cet artcile est issu du livre "Savoir-Faire du département
du Rhône"
avec l'aimable autorisation de Stéphane AVRAM
( 3A
) et Hervé TOURNIER des Editions
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